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  1. Jeanne Crain - Wikipedia

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    3 days ago · Jeanne Elizabeth Crain (May 25, 1925 – December 14, 2003) was an American actress whose career spanned from 1943 to 1975. She received an Oscar nomination for Best Actress in the 1949 film Pinky, in which she played the leading role.

  2. Pitch Perfect - Wikipedia

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    Nov 17, 2020 · Pitch Perfect is a 2012 American musical comedy film directed by Jason Moore and written by Kay Cannon. It features an ensemble cast, including Anna Kendrick, Skylar Astin, Rebel Wilson, Anna Camp, Brittany Snow, Hana Mae Lee, Alexis Knapp, Ester Dean, Kelley Jakle, Shelley Regner, Wanetah Walmsley, Adam DeVine, Ben Platt, Utkarsh Ambudkar, John Michael Higgins, and Elizabeth Banks.

  3. Rachel Carson - Wikipedia

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    5 days ago · Brooks, Paul (1972). The House of Life: Rachel Carson at Work. Houghton Mifflin. ISBN 0-395-13517-6. This book is a personal memoir by Carson's Houghton Mifflin editor and close friend Paul Brooks. Brooks' papers are housed at the Thoreau Institute at Walden Woods Library. Gottlieb, Robert (2005).

  4. Roy Wood - Wikipedia

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    Nov 17, 2020 · Career Early years. Roy Wood was born on 8 November 1946 in Kitts Green, a suburb of Birmingham, England.For some years the legend persisted that his real name was Ulysses Adrian Wood, until it was revealed that this was probably the result of somebody close to The Move in their early days filling in such names on a 'lifelines' feature for the press as a joke.

  5. Rachel Carson — Wikipédia

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    Carson commença sa carrière comme biologiste au U.S. Bureau of Fisheries (Bureau des pêches) puis se consacra progressivement à l'écriture à plein temps dans les années 1950. Son best-seller Cette mer qui nous entoure (The Sea Around Us), publié en 1951, lui valut d'être reconnue comme écrivain de talent, et lui permit d'obtenir une sécurité financière. Son livre suivant, The Edge of the Sea, ainsi que la réédition de son premier livre, Under the Sea-Wind, furent aussi des succès de vente. Considérée comme un tout, sa trilogie de la mer explore l'éventail de la vie de l'océan, du littoral aux profondeurs de la mer.

    Rachel Carson est née en 1907 dans la petite ferme familiale près de Springdale (Pennsylvanie), en amont de Pittsburgh sur le fleuve Allegheny. Enfant, elle passait de nombreuses heures à élargir ses connaissances sur les étangs, les champs et les forêts grâce à sa mère, qui lui enseignait, ainsi qu'à son frère et sa sœur ainés, les leçons du mouvement nature study (en). Rachel Carson était une lectrice avide et, très tôt pour son âge, une écrivaine talentueuse. Elle passait également beaucoup de temps à explorer les environs de la ferme de 26 hectares. Elle commença à écrire des histoires (souvent à propos d'animaux) à l'âge de huit ans, et sa première nouvelle fut publiée lorsqu'elle avait dix ans. Elle aimait particulièrement le St. Nicholas Magazine (dans lequel fut publiée sa première nouvelle), les travaux de Beatrix Potter, et les romans de Gene Stratton Porter. Adolescente, elle aimait lire les œuvres de Herman Melville, Joseph Conrad et Robert Louis Stevenson. Le monde naturel, et plus particulièrement l'océan, était le fil commun de ses lectures favorites. Carson alla à la petite école de Springdale jusqu'au 10th grade (équivalent de la seconde). Elle alla ensuite au lycée de Parnassus (Pennsylvanie) proche, et sortit diplômée en 1925, première de sa classe de 44 élèves1.

    Au Pennsylvania College for Women (université de Pennsylvanie pour femmes, aujourd'hui appelée Chatham University (en)), comme au lycée, Carson était plutôt solitaire. Elle étudia d'abord l'anglais, avant d'opter pour la biologie en janvier 1928, bien qu'elle continuât à contribuer au journal et supplément littéraire de l'école. Pourtant admise en troisième cycle à l'université Johns-Hopkins en 1928, elle fut forcée de faire ses dernières années d'études au Pennsylvania College for Women pour des raisons financières ; elle en sortit diplômée avec la mention magna cum laude en 1929. Après une formation d'été au Marine Biological Laboratory, elle continua ses études en zoologie et en génétique à Johns-Hopkins à l'automne 19292.

    Après sa première année de troisième cycle, Rachel Carson devint étudiante à temps partiel : elle était assistante au laboratoire de Raymond Pearl, où elle travaillait sur les rats et les drosophiles, pour payer ses frais de scolarité. Après des débuts non concluants sur les crotales et les écureuils, elle mena à terme un projet de mémoire sur le développement embryonnaire du pronéphros chez les poissons. Elle obtint un diplôme de master en juin 1932. Elle avait projeté de continuer en doctorat, mais elle dut quitter Johns-Hopkins en 1934 pour chercher un poste d'enseignante à plein temps pour aider sa famille. En 1935, son père mourut soudainement, laissant Carson seule pour s'occuper de sa mère. La situation financière devint plus difficile encore. Devant l'insistance de Mary Scott Skinker, son mentor en biologie de premier cycle, elle occupa temporairement un poste au U.S. Bureau of Fisheries (Bureau des pêches), où elle rédigeait les textes destinés à une série éducative hebdomadaire d'émissions de radio intitulées Romance Under the Waters (Poésie sous les eaux). La série de 52 programmes de sept minutes était centrée sur la vie aquatique et était destinée à susciter l'intérêt du public pour la biologie des poissons et les travaux du Bureau of Fisheries, une tâche que les précédents rédacteurs n'avaient pas su mener à bien. Carson commença aussi à proposer des articles sur la vie marine dans la baie de Chesapeake à des journaux et magazines locaux. Ces articles étaient fondés sur ses recherches pour la série radio3.

    Les principales responsabilités de Carson au U.S. Bureau of Fisheries étaient d'analyser et de rapporter les données récoltées sur les populations de poissons, et d'écrire brochures et autres documents à destination du public. En se fondant sur des entretiens avec des biologistes marins et sur ses propres recherches, elle écrivit un flot continu d'articles pour The Baltimore Sun et d'autres journaux. Cependant, ses devoirs familiaux s'alourdirent encore lorsqu'en janvier 1937 sa sœur aînée mourut, la laissant seule pour nourrir sa mère et deux nièces5. Carson déménagea avec sa mère à Southport Island dans le Maine en 1953. En juillet de la même année, elle rencontra Dorothy Freeman (18981978), ce qui marqua le commencement d'une très forte amitié qui dura jusqu'à la mort de Carson. La nature de cette relation entre Carson et Freeman a beaucoup suscité l'intérêt, et donné lieu à de nombreuses spéculations. La meilleure description que l'on puisse en faire est une relation très intime mais qui n'était pas d'ordre sexuel. Dorothy Freeman et son mari étaient des résidents d'été de Southport Island, et Carson la rencontra après que celle-ci lui eut envoyé une lettre de bienvenue. Freeman avait lu Cette mer qui nous entoure, que lui avait offert son fils, et était enthousiasmée à l'idée d'avoir cette grande écrivaine comme voisine. La biographe de Carson, Linda Lear, a écrit que « Carson avait vraiment besoin d'une amie dévouée et d'une âme-sœur qui pourrait l'écouter sans lui donner de conseils et l'accepter dans son intégralité : à la fois l'écrivaine et la femme qu'elle était »14. Elle trouva cela en Dorothy Freeman. Les deux femmes partageaient plusieurs passions, la première desquelles étant la nature, et commencèrent à correspondre régulièrement lors de leurs séparations. Elle continuèrent de passer chaque été ensemble et de se voir chaque fois que leurs emplois du temps le leur permettaient jusqu'à la mort de Carson15.

    Carson obtint de nouvelles responsabilités au Fish and Wildlife Service et supervisa une petite équipe de rédacteurs en 1945, avant de devenir rédactrice en chef des publications en 1949. Si son poste lui offrait de plus en plus d'opportunités pour des travaux pratiques et une plus grande liberté de choix dans ses projets d'écriture, il lui amenait aussi de fastidieuses responsabilités administratives. En 1948, Carson travaillait sur un second ouvrage et avait volontairement choisi de passer à une écriture à temps plein. Cette année-là, elle prit un agent littéraire, Marie Rodell ; leur relation professionnelle dura toute la carrière de Carson8.

    Carson était inondée de propositions pour des allocutions, de courrier de fans et d'autres correspondances à propos de Cette mer qui nous entoure, en plus du travail sur le script du documentaire, dont elle s'était par ailleurs assurée des droits de révision11. Elle était très mécontente de la version finale du script de l'écrivain, réalisateur et producteur Irwin Allen : elle trouvait que le script ne respectait pas l'atmosphère du livre et était scientifiquement déconcertant. Elle disait que c'était « à mi-chemin de l'« incroyable mais vrai » et du documentaire touristique désinvolte » (en anglais, a cross between a believe-it-or-not and a breezy travelogue)12. Cependant, elle découvrit que son droit de revoir le script n'allait pas jusqu'à en contrôler son contenu. Allen continua en dépit des objections de Carson et produisit un documentaire qui connut un grand succès, et remporta en 1952 l'Oscar du meilleur film documentaire, mais Carson fut si exaspérée par cette expérience qu'elle ne vendit plus jamais de droits pour adapter ses travaux à l'écran13. Au fur et à mesure que ses recherches progressaient, Carson découvrit qu'un nombre non négligeable de scientifiques rassemblaient des informations sur les conséquences physiologiques et environnementales des pesticides. Par ailleurs, elle utilisa ses relations avec de nombreux scientifiques du gouvernement pour obtenir des informations confidentielles. Lors de ses lectures d'écrits scientifiques et d'entretiens avec d'autres scientifiques, Carson découvrit qu'il y avait deux attitudes face aux pesticides : ceux qui écartaient la possibilité d'un danger lié à l'épandage de pesticides en omettant des preuves concluantes, et ceux qui étaient ouverts à une potentielle nocivité et étaient enclins à envisager des méthodes alternatives comme la lutte biologique26. En 1959, le Service de recherches en agriculture (Agricultural Research Service) du département de l'Agriculture répondit aux attaques de Carson et d'autres par un film destiné au public : Fire Ants on Trial. Carson le décrivit comme une « propagande flagrante » qui ne tenait pas compte des dangers que l'épandage de pesticides (particulièrement le dieldrine et l'heptachlore) représentent pour l'homme et la nature. Au cours du printemps cette année-là, Carson écrivit une lettre publiée dans The Washington Post qui attribuait la récente diminution de la population d'oiseaux à l'utilisation abusive de pesticides (le « silence des oiseaux », comme elle l'appelait)27. 1959 fut également l'année du « Great Cranberry Scandal » : les cultures de canneberge des États-Unis de 1957, 1958 et 1959 contenaient des taux importants d'herbicide aminotriazole (qui causait des cancers sur les rats de laboratoires) et la vente de canneberge fut interrompue. Carson assista aux audiences de la Food and Drug Administration qui s'ensuivirent, sur la révision de la règlementation sur les pesticides. Elle en sortit découragée par les stratégies agressives des représentants de l'industrie chimique, parmi lesquelles des témoignages d'experts pourtant solidement démentis par l'essentiel des écrits scientifiques qu'elle avait lus. Elle s'interrogea également sur d'éventuelles « incitations financières derrière certains programmes de pesticides»28. Carson et les personnes impliquées dans la publication de Printemps silencieux s'attendaient à de violentes critiques. Elles s'inquiétaient surtout de la possibilité d'être poursuivies pour diffamation. Carson, qui devait se soumettre à des séances de radiothérapie pour enrayer la progression de son cancer, ne pensait pas avoir assez d'énergie pour s'attacher à défendre son ouvrage et répondre aux critiques. En prévision de ces attaques, Carson et son agent essayèrent de trouver autant de soutiens que possible parmi les personnes les plus éminentes avant la sortie du livre39. La plupart des chapitres scientifiques du livre furent revus par des experts scientifiques de référence, parmi lesquels Carson trouva un solide soutien. Carson assista à la conférence de la Maison-Blanche pour la protection de l'environnement en mai 1962 ; Houghton Mifflin distribua des épreuves de Printemps silencieux à de nombreux délégués, et fit la promotion de la série à paraître dans le New Yorker. Carson envoya une copie, entre autres, au juge William O. Douglas de la Cour suprême. Le juge Douglas était un défenseur de longue date de l'environnement qui avait plaidé contre le refus de la Cour de traiter l'affaire sur l'épandage de pesticides à Long Island (et avait fourni à Carson une partie des informations contenues dans son chapitre sur les herbicides)40. Dans les semaines qui précédèrent la publication le 27 septembre, il y eut une forte opposition à Printemps silencieux. DuPont (un des principaux fabricants de DDT et de 2,4-D) et Velsicol Chemical Corporation (seul producteur de chlordane et d'heptachlore) furent parmi les premiers à réagir. DuPont dressa un long rapport sur la couverture médiatique du livre et une estimation de l'impact sur l'opinion publique. Velsicol menaça d'engager des poursuites contre Houghton Mifflin, The New Yorker et Audubon Magazine si les projets de parution de Printemps silencieux n'étaient pas abandonnés. Les représentants des compagnies chimiques et leurs lobbyistes déposèrent une série de plaintes non spécifiques, certaines anonymes. Les compagnies chimiques et les organisations liées produisirent un certain nombre de leurs propres brochures et d'articles faisant la promotion et prenant la défense des pesticides. Toutefois, les avocats de Carson et ses éditeurs avaient confiance en la relecture minutieuse qui avait été faite de Printemps silencieux. Le magazine et les publications du livre eurent lieu comme prévu, tout comme la grande édition « Livre du mois » (comprenant un pamphlet de William O. Douglas, qui approuvait le livre)43. De nombreux critiques déclarèrent à plusieurs reprises qu'elle demandait l'élimination de tous les pesticides. Cependant, Carson avait clairement dit qu'elle ne préconisait pas l'interdiction ou le retrait total des pesticides utiles, mais plutôt qu'elle encourageait une utilisation responsable et bien gérée, tenant compte de l'impact des produits chimiques sur tout l'écosystème48. En fait, elle conclut la partie de Printemps silencieux sur le DDT non pas en préconisant son interdiction totale, mais en suggérant un épandage aussi restreint que possible, pour limiter le développement de résistances49. La communauté universitaire parmi laquelle d'éminents défenseurs comme H. J. Muller, Loren Eiseley, Clarence Cottam et Frank Egler soutenait globalement les arguments scientifiques du livre ; l'opinion publique ne tarda pas à se ranger également aux côtés de Carson. La campagne de l'industrie chimique échoua et la controverse contribua largement à la prise de conscience du public des dangers potentiels des pesticides, de même que les ventes de Printemps silencieux. L'utilisation de pesticides devint une question publique centrale, surtout après la diffusion du reportage télévisé spécial de CBS Reports « Le printemps silencieux de Rachel Carson » le 3 avril 1963. Le programme comprenait des moments où Carson lisait des passages de Printemps silencieux, et des interviews avec un certain nombre d'experts, essentiellement des critiques (dont White-Stevens). Selon la biographe Linda Lear, « à côté du Dr Robert White-Stevens dans sa blouse blanche, avec son regard fou et sa grosse voix, Carson ressemblait à tout sauf à l'alarmiste hystérique que les critiques décrivaient »50. Les réactions de l'audience, estimée de 10 à 15 millions de téléspectateurs, furent largement positives et le programme déclencha une analyse des dangers liés aux pesticides sollicitée par le Congrès, et un rapport du President's Science Advisory Committee (Comité de conseil scientifique) fut rendu public51. Environ un an après sa publication, les attaques contre le livre et contre Carson avaient largement perdu de leur ampleur52,53.

    Au début de l'année 1953, Carson commença des recherches bibliographiques et de terrain sur l'écologie et les organismes de la côte Atlantique19. En 1955, elle termina un troisième volume de sa trilogie de la mer, The Edge of the Sea, qui traite de la vie des écosystèmes des littoraux (et plus particulièrement le long de la côte Est des États-Unis). Il parut dans The New Yorker en deux épisodes condensés peu avant la sortie du livre le 26 octobre 1955. À cette époque, la réputation de Carson pour sa prose claire et poétique était déjà faite ; The Edge of the Sea reçut de très bonnes critiques, quoique pas aussi enthousiastes que pour Cette mer qui nous entoure20.

    En 1955 et 1956, Carson travailla sur un certain nombre de projets (parmi lesquels le script d'un épisode pour la série télévisée Omnibus intitulé Something About the Sky) et écrivit des articles pour des magazines populaires. Son projet pour son prochain livre était d'aborder le thème de l'évolution, mais la publication de Evolution in Action de Julian Huxley (ainsi que ses propres difficultés à trouver une approche claire et attrayante du sujet) l'amena à abandonner ce projet. Son attention se porta plutôt sur la protection de l'environnement. Elle réfléchit à un projet de livre sur l'environnement provisoirement intitulé Remembrance of the Earth (Souvenirs de la Terre) et s'impliqua dans des groupes de protection de l'environnement tels que The Nature Conservancy. Elle fit aussi des projets pour acheter et préserver de l'aménagement une zone du Maine qu'elle et Freeman appelaient les « Bois Perdus »21.

    Les recherches de Carson à la National Library of Medicine du National Institutes of Health lui permirent de rencontrer des chercheurs en médecine qui étudiaient toute une gamme de produits chimiques pouvant provoquer des cancers. Les travaux du chercheur Wilhelm Hueper, fondateur et directeur de la section cancers environnementaux de l'Institut national du cancer, étaient de première importance. Il classait de nombreux pesticides comme cancérigènes. Carson et son assistante de recherches, Jeanne Davis, aidées de la bibliothécaire du NIH Dorothy Algie, trouvèrent des preuves étayant la thèse de la relation entre pesticides et cancers ; pour Carson, la toxicité de tout un ensemble de pesticides ne faisait aucun doute, bien que de telles conclusions fussent très controversées en dehors de la petite communauté de scientifiques étudiant la carcinogenèse des pesticides29. En 1960, Carson disposait de données assez fournies, et l'écriture progressait rapidement. En plus d'une recherche documentaire minutieuse, elle avait étudié des centaines de cas de personnes exposées aux pesticides, et les maladies et dégâts écologiques qui en résultaient. Cependant, en janvier, un ulcère duodénal suivi de plusieurs infections l'obligèrent à garder le lit pendant des semaines, retardant d'autant l'achèvement de Printemps silencieux. En mars, alors qu'elle était presque rétablie (et qu'elle terminait la rédaction des deux chapitres de son livre sur le cancer), elle découvrit qu'elle avait des kystes dans le sein gauche, dont un nécessitant une mastectomie. Bien que les médecins lui aient décrit l'opération comme étant préventive, et ne lui aient recommandé aucun traitement supplémentaire, Carson découvrit en décembre que c'était en réalité une tumeur maligne et que le cancer avait généré des métastases30. Ses recherches furent aussi retardées par la révision, en vue d'une nouvelle édition, de Cette mer qui nous entoure, et par un essai accompagné de photographies réalisé en collaboration avec Erich Hartmann31. L'essentiel des recherches et de la rédaction étaient terminés à l'automne 1960, excepté la réflexion sur les recherches récentes sur la lutte biologique et d'autres recherches sur une poignée de nouveaux pesticides. Toutefois, d'autres problèmes de santé vinrent perturber les dernières retouches en 1961 et début 196232.

    Il lui fut difficile de trouver un titre pour son livre ; « Printemps silencieux » avait été suggéré au départ pour le titre du chapitre sur les oiseaux. En août 1961, Carson accepta finalement de suivre les conseils de son agent littéraire, Marie Rodell : Printemps silencieux serait le titre métaphorique pour le livre dans son intégralité (évoquant ainsi un futur désolé pour l'ensemble du monde naturel) plutôt qu'un titre de chapitre sur l'absence de chants d'oiseaux33. Avec l'accord de Carson, l'éditeur Paul Brooks de Houghton Mifflin fit faire des illustrations par Louis et Lois Darling, qui conçurent également la couverture. Le dernier passage rédigé fut le premier chapitre, « A Fable for tomorrow » (Un conte pour demain), qui devait amener une introduction plus modérée à ce qui pourrait être autrement un sujet rebutant de par sa gravité. Au milieu de l'année 1962, Brooks et Carson avaient fini la mise en forme et préparaient le terrain pour la promotion du livre en distribuant le manuscrit à un choix de personnes en vue, pour d'éventuelles suggestions finales34.

    Comme l'écrit le biographe Mark Hamilton Lytle, Carson « décida assez timidement d'écrire un livre qui remettait en question le paradigme du progrès scientifique qui caractérisait la culture américaine d'après-guerre. » Le thème principal de Printemps silencieux porte sur les effets importants (et souvent négatifs) de l'homme sur le monde naturel35.

    La thèse principale de Carson est que les pesticides ont des effets désastreux sur l'environnement ; elle affirme que le terme « biocides » leur conviendrait mieux, car leurs effets se limitent rarement aux seuls nuisibles. Le DDT (Dichlorodiphényltrichloroéthane) est l'exemple-type, mais d'autres pesticides de synthèse font également l'objet d'études minutieuses (beaucoup d'entre eux sont sujets à la bioaccumulation). Carson accuse également l'industrie chimique de pratiquer intentionnellement la désinformation et les autorités publiques d'accepter les revendications de l'industrie sans se poser de questions. L'essentiel du livre est consacré aux effets des pesticides sur les écosystèmes naturels, mais quatre chapitres détaillent aussi les cas humains d'empoisonnement par les pesticides, les cancers et autres maux attribués aux pesticides36. Sur le DDT et le cancer, qui furent sujets de nombreux débats ultérieurs, Carson en dit peu : Carson prédit une aggravation des conséquences des pesticides dans le futur, surtout lorsque les nuisibles ciblés développent une résistance aux pesticides alors même que les écosystèmes affaiblis deviennent les proies d'espèces invasives inattendues. Le livre se termine par une incitation à utiliser l'approche biologique comme alternative aux pesticides chimiques38.

    Le biochimiste de la société American Cyanamid, Robert White-Stevens, et l'ancien chimiste de la même société, Thomas Jukes, furent parmi les critiques les plus virulents, en particulier sur l'analyse de Carson sur le DDT44. Selon White-Stevens, « si l'homme devait suivre les enseignements de Miss Carson, nous retournerions au Moyen Âge, et les insectes, les maladies et la vermine hériteraient une nouvelle fois de la Terre »45. D'autres allèrent plus loin, en attaquant la crédibilité scientifique de Carson (parce que sa formation était la biologie marine et pas la biochimie) et son caractère. White-Stevens la désignait comme « un défenseur fanatique du culte de l'équilibre de la nature »46, et l'ancien secrétaire à l'Agriculture Ezra Taft Benson dans une lettre à Dwight D. Eisenhower aurait conclu que parce qu'elle était toujours célibataire et pourtant attirante, elle était « probablement une communiste »47. Carson et le mouvement écologiste furent et continuent à être critiqués par certains conservateurs, qui affirment que les restrictions sur les pesticides ont causé des morts inutiles et freinent le développement de l'agriculture, et plus généralement que la réglementation sur l'environnement gêne inutilement une économie libre62,63. Par exemple, le magazine conservateur Human Events a donné une mention honorable à Printemps silencieux pour les « 10 livres les plus nuisibles des XIXe et XXe siècles »64.

    Affaiblie par son cancer du sein et les différents protocoles thérapeutiques administrés, Carson contracta un virus respiratoire en 1964. Son état empira alors : en février, les médecins mirent en évidence une anémie sévère due à la radiothérapie, puis en mars que le cancer avait atteint le foie. Elle décéda d'une crise cardiaque le 14 avril 1964 à l'âge de 56 ans56.

    En 1965, Rodell coordonna la publication d'un essai que Carson avait prévu de développer pour en faire un livre : A Sense of Wonder. L'essai, qui était accompagné de photographies de Charles Pratt notamment, encourageait les enfants, aidés de leurs parents, à ressentir « l'éternel plaisir du contact avec le monde de la nature », qui « est accessible à toute personne qui se place sous l'influence de la terre, de la mer et du ciel, et de leur vie stupéfiante » (en anglais : « the lasting pleasures of contact with the natural world, which are available to anyone who will place himself under the influence of earth, sea and sky and their amazing life »)59.

    Outre les lettres publiées dans Always Rachel, un certain nombre des travaux non publiés de Carson furent colligés et publiés en 1998, sous la direction de Linda Lear, sous le titre Lost Woods: The Discovered Writing of Rachel Carson. Tous les ouvrages de Carson sont encore édités59. L'œuvre de Carson eut un impact considérable sur le mouvement écologiste. Printemps silencieux, en particulier, fut un point de ralliement pour le mouvement social naissant des années 1960. Selon l'environnementaliste H. Patricia Hynes, qui a étudié les travaux de Carson, « Printemps silencieux a changé l'équilibre des forces dans le monde. Personne ne peut plus présenter aussi facilement la pollution comme un effet secondaire et nécessaire du progrès sans être critiqué »60. L'œuvre de Carson, et l'activisme qu'elle inspira sont, au moins en partie, à l'origine du mouvement d'écologie profonde, et de la montée en puissance depuis les années 1960 du mouvement écologiste populaire dans son ensemble. Elle eut également une influence dans la montée de l'écoféminisme et sur de nombreux scientifiques féministes.

    Depuis sa mort, divers groupes allant d'institutions gouvernementales à des organisations de protection de l'environnement ou encore à des associations d'érudits ont rendu hommage à la vie de Carson et à ses travaux. Le 9 juin 1980 Carson reçut à titre posthume la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile aux États-Unis, en reconnaissance de son influence sur le président Kennedy et son rôle primordial dans le mouvement écologiste69. Un timbre de la poste américaine fut émis en son honneur l'année suivante ; plusieurs autres pays ont depuis eux aussi émis des timbres à l'effigie de Carson70. Le lieu de naissance de Carson, à Springdale (Pennsylvanie), où elle passa également son enfance et désormais appelé le Rachel Carson Homestead fut classé au Registre national des lieux historiques, et l'association à but non lucratif Rachel Carson Homestead Association fut créée en 1975 pour gérer le site71. Près de Pittsburgh, un chemin de randonnée de 57,4 km, entretenu par le Rachel Carson Trails Conservancy, lui fut dédié en 197572. Un pont de Pittsburg fut aussi renommé en son honneur : le Rachel Carson Bridge73.

    • Rachel Louise Carson
    • 27 mai 1907, Maison natale de Rachel Carson (en)
  6. Martin Scorsese - Wikipedia, la enciclopedia libre

    es.wikipedia.org/wiki/Martin_Scorsese

    Nov 17, 2020 · Martin Charles Scorsese (Nueva York, 17 de noviembre de 1942) es un director, guionista y productor de cine estadounidense. [1] Con una trayectoria que abarca más de cincuenta años, las películas de Scorsese abordan temáticas relacionadas con el catolicismo, la identidad italoestadounidense o la criminalidad, [2] caracterizándose por su violencia, uso del lenguaje vulgar, estar ...

  7. Lijst van jazzstandards - Wikipedia

    nl.wikipedia.org/wiki/Lijst_van_jazzstandards

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  8. Paul George - Wikipedia

    it.wikipedia.org/wiki/Paul_George

    16 hours ago · Paul segna 41 punti e stabilisce il record di triple in questa competizione (9 su 19 tentate). Nonostante questo il team East perderà e l'MVP andrà a Russell Westbrook . I suoi Pacers riescono ad accedere alla post season con la testa di serie numero 7, perdendo al primo turno contro i talentuosi Toronto Raptors di Kyle Lowry e DeMar DeRozan ...

  9. In Cold Blood (film) - Wikipedia

    en.wikipedia.org/wiki/In_Cold_Blood_(film)

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  10. Brooks Koepka — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Brooks_Koepka

    Nov 17, 2020 · Brooks Koepka, né le 3 mai 1990 à West Palm Beach, est un golfeur professionnel américain évoluant sur le PGA Tour. En 2017, il remporte son premier tournoi majeur, l' US Open , titre qu'il conserve lors de l'édition suivante avant de s’imposer devant Tiger Woods lors du championnat de la PGA la même année.

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