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  1. Extrême droite — Wikipédia

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    Droite et extrême droite. Le passage de l'expression « extrême droite » de l'usage politique commun au vocabulaire des sciences politiques explique en partie les difficultés de définition [2] : comme le relève Cas Mudde, outre sa fonction de catégorisation descriptive, le terme remplit aussi dans l'usage commun une fonction de délimitation d'un « ennemi politique » [3].

  2. Nazisme — Wikipédia

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    Le national-socialisme (en allemand Nationalsozialismus), plus couramment désigné en français sous l'abréviation nazisme, est l'idéologie politique du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti politique d'extrême droite fondé en Allemagne en 1920 et dirigé par Adolf Hitler1,2,3,4. Cette idéologie théorise une hiérarchie au sein d'une espèce humaine divisée en « races », au sommet de laquelle elle place la « race aryenne », les races les plus détestées, juifs, slaves, tziganes, formant la classe des sous-hommes, les Untermensch. Le nazisme est le seul type de fascisme incorporant à la fois racisme biologique et antisémitisme5. Par extension, le terme nazisme désigne le régime politique inspiré de cette idéologie, dictature totalitaire et expansionniste dirigée par Adolf Hitler de 1933 à 1945 et connue sous les noms de Troisième Reich ou d'Allemagne nazie.

    En tant que sujet de science politique, les définitions du nazisme varient selon les historiens6. En particulier, reste ouverte la question de savoir si le nazisme ne fut que l'une des formes du fascisme ou doit être considéré, parce qu'ayant fait du racisme une doctrine d'État, comme un phénomène historique et idéologique unique. En effet, l'antisémitisme officiel du régime nazi, l'élimination des personnes handicapées et la persécution des opposants politiques, des homosexuels, des Roms, etc., se concrétisent dès 1933, par la mise en place d'une législation raciale et fortement discriminatoire, par une politique de spoliation des juifs, et par l'internement des opposants et des indésirables dans les premiers camps de concentration en Allemagne. Cette politique ne fait que s'amplifier du début de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Shoah par balles est déclenchée et que sont créés les camps dextermination nazis, jusqu'à la défaite militaire du Troisième Reich en 1945. Ainsi plus de six millions de personnes, dont une majorité de Juifs, périssent dans les camps de concentration et d'extermination, ou lors des innombrables massacres commis par les troupes nazies et leurs collaborateurs7. Le régime nazi, censé « durer mille ans », en dure douze et laisse l'Europe exsangue et l'Allemagne en ruines. Le nazisme se revendique d'une forme de socialisme, mais sans rien de commun avec celui prôné par les sociaux-démocrates, les communistes ou les autres courants socialistes. Sa conception du « socialisme » se veut au contraire radicalement opposée à la vision marxiste alors dominante. Le national-socialisme n'est pas considéré comme faisant partie de la famille du socialisme au sens moderne du terme33 : il n'entretient pas de rapports avec les mouvements et courants socialistes, et leur voue au contraire une hostilité radicale34 qui leur vaut d'être réprimés et interdits dès l'accession d'Hitler au pouvoir35. Dès 1922, il définit le « socialisme » comme un dévouement inconditionnel à la nation allemande : « Celui qui est prêt à faire sienne la cause nationale, dans une mesure telle qu'il ne connaît pas d'idéal plus élevé que la prospérité de la nation ; celui qui a compris que notre grand hymne Deutschland über alles signifie que rien, rien dans le vaste monde ne surpasse à ses yeux cette Allemagne, sa terre et son peuple, son peuple et sa terre, celui-là est un socialiste »42. Si sa définition du socialisme n'est pas particulièrement précise, il la veut cependant distincte du marxisme et du bolchevisme. Pour Hitler, la « doctrine juive » du marxisme a « volé » le nom de socialisme. Le véritable « socialisme » est selon lui une « science de la prospérité collective » : il s'agit à ses yeux d'une vieille tradition aryenne et germanique, qui ne s'oppose ni à la propriété privée ni à la nation, et vise au contraire à assurer la richesse de tous. Tel que le conçoit Hitler, le socialisme préconise la défense des intérêts du peuple à l'intérieur de l'État, l'intérêt collectif primant sur l'intérêt particulier : il s'agit pour lui, en tant que Weltanschauung, d'une attitude éthique s'adressant à ceux qui vivent ensemble dans un espace ethnique ou national. Toujours selon Hitler, le national-socialisme donne à l'État la mission de « satisfaire les légitimes besoins des classes laborieuses en se fondant sur la solidarité raciale » et vise à susciter « un esprit communautaire et social, s'épanouissant au sein d'une économie nationale fondée sur la responsabilité individuelle et encadrée par l'État ». Il fera disparaître progressivement l'individualisme en faisant évoluer la personne humaine sur une base raciale. Le dirigeant nazi envisage l'extension de ce type de société aux autres pays, pour donner naissance à un « socialisme des nations » très différent de l'internationalisme marxiste-léniniste. Concernant les rapports entre classes sociales, Hitler ne semble réellement y avoir réfléchi que durant le conflit mondial, en relation avec les problèmes de l'espace vital. Lors d'une conversation, il a ainsi envisagé de résoudre la question sociale en garantissant à chacun une perspective d'ascension sociale, en assurant à tous un minimum vital et en faisant « participer chacun aux bienfaits de la culture »43. À partir de 1933, le DAF, l'organisation la plus importante (numériquement) au sein du NSDAP, définit le socialisme en mettant en avant les concepts de travail, de réussite (Leistungsgesellschaft (de)55) et de sens du devoir à l'égard du Reich et de l'État : l'une des implications pratiques, visible de réformes à tendance socialisantes, concerne le droit, la possibilité, d'accession à la propriété par le travail56. La propagande définit aussi la forme de « socialisme » souhaité pour le Reich, « un socialisme par les actes » qui se concrétise par des actions charitables menées sous la houlette du NSDAP57, et qui n'a par conséquent rien à voir avec le socialisme en tant que tel. Le concept d'État totalitaire est forgé par le philosophe et théoricien du fascisme italien, Giovanni Gentile, qui écrivait les textes de Mussolini ayant un contenu théorique. L'État totalitaire doit prendre le contrôle de la société tout entière et de tous ses secteurs, jusqu'à faire disparaître celle-ci, englobée dans l'État, devenu « total ». Le fascisme du système des États totalitaires, qu'il invente au contraire, ne peut pas être exclu. Le fascisme voit le jour en Italie, avec la prise du pouvoir par Mussolini (Marche sur Rome, 1922) ; il invente un nouveau mode d'État précisément, en pratique et en théorie. Il en fait la théorie et le réalise en vue de constituer un Empire, supposé faire renaître l'Empire romain.

    Le mot « nazisme » est la traduction française de l'allemand Nazismus, qui est une abréviation de l'expression allemande Nationalsozialismus, « national-socialisme ».

    Le « national-socialisme » se veut opposé au « socialisme international », c'est-à-dire des mouvements socialistes internationalistes, d'inspiration marxiste ou non, tels que l'Internationale socialiste ou l'Internationale communiste, dont la vocation universaliste était à l'opposé du nationalisme pangermaniste hitlérien. L'idéologie nazie se distingue également d'autres doctrines nationalistes de l'époque comme, en France, le « socialisme national » de Maurice Barrès, qui disait combiner nationalisme et socialisme, mais qui ne manifestait pas un racisme aussi radical. Les nazis étaient xénophobes, demandant par exemple que « tous les non-Allemands établis en Allemagne depuis le 2 août 1914 soient immédiatement contraints de quitter le Reich », et que « tous les directeurs et collaborateurs de journaux paraissant en langue allemande soient des citoyens allemands »N 2. Ils sopposaient à la « conception matérialiste du monde ». Ils étaient réellement anti-chrétiens, certains comme Himmler voulant instaurer une forme de paganisme, d'autres comme Hitler dans son programme en 25 points, souhaitant placer les Églises sous la tutelle du parti nazi en imposant la création du « christianisme positif ». Le nazisme se veut une idéologie totalitaire, cherchant à dominer et à contrôler tous les aspects de la vie des citoyens, embrigadés dès l'enfance dans toutes sortes d'associations maîtrisées par le Parti, qu'ils étaient destinés à servir : Napolas, Jeunesses hitlériennes, Association des jeunes filles allemandes, Association des femmes allemandes, Association des Allemands de l'étranger, Secours populaire du parti nazi, Secours d'Hiver du peuple allemand. Le régime nazi est proche du fascisme, duquel il a pris le caractère démonstratif que celui-ci a initié, assurant le culte du chef et le respect de la doctrine du Parti par l'usage systématique de mises en scène théâtrales, et aussi de la violence[réf. nécessaire]. Le Führerprinzip, soit l'absence totale de limites posées au pouvoir personnel du chef, est un élément central du nazisme, qui exalte la figure du Führer par un culte de la personnalité permanent. Mais le nazisme s'inspire aussi du bolchévisme, adoptant le principe d'un parti unique constitué de militants professionnels, parmi lesquels il recrute des milices privées, les SA et les SS, enfin en organisant la toute puissante Gestapo dès la prise de pouvoir[réf. nécessaire]. Le nazisme est donc essentiellement une idéologie raciste, qui poursuit deux buts concomitants. D'une part, l'établissement d'un «espace vital» (Lebensraum) pour la « race supérieure » que constitue selon les nazis la « race aryenne ». Cet espace vital étant conçu comme devant se développer vers l'est, il implique la destruction de l'URSS et l'asservissement des peuples slaves. D'autre part, le maintien de la pureté de la « race supérieure » passant par une ségrégation empêchant notamment les mariages « mixtes », puis l'extermination des « dégénérés » comme les malades mentaux et enfin l'anéantissement des « races inférieures », en premier lieu les juifs. Le problème des biens des anciennes familles régnantes dans le Reich oblige le parti à expliciter ses positions : Strasser, avec à sa suite les Gauleiter du Nord du Reich, défend l'expropriation, tandis que Hitler et ses proches en Bavière s'y opposent lors du congrès organisé à Bamberg en 192753. En 1927, dans un article, Goebbels borne très strictement l'anticapitalisme nazi : ne remettant pas en cause la propriété, il se dresse non contre le capitalisme en tant que tel, mais contre un mauvais usage du capital par ses propriétaires54. Parallèlement à cette rhétorique anticapitaliste, le programme du parti mentionne les termes de « socialisme » et de « révolution », mais de façon très vague et souvent contradictoire : ainsi, jusqu'à la Nuit des Longs Couteaux du 30 juin 1934, le vocabulaire du champ lexical de la révolution est employé par tous les cadres nazis, de façon symbolique, totalement coupée de la réalité. À partir de 1934, la révolution est toujours à l'ordre du jour, mais le contenu du concept a totalement évolué : le terme « révolutionnaire » finit par désigner simplement une personne favorable au nouveau régime56. La référence au socialisme est déjà présente chez le Parti ouvrier allemand (DAP), prédécesseur du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). Ce petit groupe de droite radicale59 se réclame ainsi d'une forme de « socialisme germanique » mal défini, par lequel il ambitionne de ramener les ouvriers allemands vers le nationalisme, en les détournant de l'internationalisme marxiste60. Le nazisme, dont la doctrine va à l'encontre de l'idée d'égalité des hommes, n'envisage pas d'éliminer la propriété privée, ni les différences de classes sociales. Il prétend par contre fournir des salaires décents aux travailleurs60, et éviter la lutte des classes en unissant les patrons et les travailleurs au sein de la « communauté du peuple » (Volksgemeinschaft). L'aile « gauche » du NSDAP, mené notamment par Otto Strasser, accorde une place importante au « socialisme » et à l'anticapitalisme, au contraire d'Hitler qui se montre très hostile envers les influences « marxistes » et n'envisage aucun contrôle ouvrier sur les entreprises61. La tendance d'Otto Strasser est évincée politiquement dès l'été 193062,63 et l'aile « populiste » du nazisme, partisane d'une révolution sociale, est vite éliminée politiquement, ou physiquement au cours de la nuit des Longs Couteaux en 1934. Le discours nazi continue ensuite d'utiliser le concept de socialisme, vu sous l'angle de l'unité nationale en lieu et place de la lutte des classes : Joseph Goebbels présente ainsi le national-socialisme comme « le vrai socialisme », car il vise à permettre aux classes sociales de vivre ensemble au lieu de les dresser les unes contre les autres64. Le nazisme rejette le christianisme non seulement parce quil est issu du judaïsme, dune part, et selon les nazis, lÉglise catholique, comme tout pouvoir hostile au nazisme, est infiltrée et manipulée par le Juif, mais aussi, dautre part, pour des raisons quil considère comme spécifiques au christianisme. Le nazisme, idéologie raciste, accorde une grande importance au sang, au sexe et à la nature, fondements devant garantir la reproduction de la race et donc son existence. Les préceptes que le nazisme considère comme typiquement chrétiens et quil condamne comme étant des entraves au but quil poursuit (la survie de la race) sont principalement : L'idée de base du nazisme est l'affirmation de la supériorité du peuple aryen. Par conséquent, inspirés par Gobineau et Houston Stewart Chamberlain ainsi que par les théories eugéniques de Georges Vacher de Lapouge, les nazis pensent que tout métissage est une dégénérescence. De plus, selon les nazis, l'Allemagne est le dernier refuge du « peuple aryen ». Cette idée est émise par Ludwig Geiger et imposée par Karl Penka. Sur ce postulat, les nazis fondent une échelle raciale, tout en bas de laquelle se trouve le peuple juif accusé de vouloir « contrôler le monde » (soit par le communisme, soit par le capitalisme). Les nazis s'appuient d'ailleurs, à titre de preuve, sur le faux intitulé Les Protocoles des Sages de Sion, rédigé par Mathieu Golovinski, agent provocateur des services secrets tsaristes.

    Durant toute son existence, de 1920 à 1945, les idéologues nazis, appuyés par la lecture de la falsification antisémite Les Protocoles des Sages de Sion, développent l'idée d'un complot orchestré par les Juifs. Ceux-ci, désignés par le terme générique de « juiverie »8, sont perçus par les nazis comme coupables9, collectivement responsables de la défaite de 1918 et de la révolution en Russie, dans le cadre d'un complot mené contre une Allemagne innocente. Celle-ci n'aspirerait qu'à se libérer de la tutelle exercée par les Juifs et leurs alliés10. Les Juifs sont perçus ainsi comme un sujet politique essentiellement défini par sa « race », sujet contre lequel il est nécessaire de mener une guerre : la propagande du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et du IIIe Reich présente le conflit qui s'ouvre en 1939 comme une « guerre contre les Juifs », ces derniers donnant de nombreuses preuves (bombardements) de leur volonté d'extermination du peuple allemand8 ; de même, les Juifs, entendus comme un groupe fantasmatique homogène, sont ainsi présentés comme les principaux responsables du conflit11.

    La doctrine nazie se fondait sur une classification raciale des hommes selon la « qualité de leur sang ». Les Tziganes, les Asiatiques19,N 3 et les Noirs étaient classés au plus bas dans l'échelle des races, juste avant les Juifs et après les Slaves et les Méditerranéens. Elle aboutit à pousser les applications de l'eugénisme dans ses conséquences extrêmes, en particulier lélimination des personnes malades et handicapées du Programme Aktion T4, l'expérience des lebensborns, et surtout la Shoah. Elle incitait à expulser hors d'Allemagne les hommes des « races inférieures », en particulier les Juifs envers lesquels elle a immédiatement pris des mesures vexatoires, favorisant l'émigration des plus riches et des plus déterminés vers d'autres pays, avant d'enfermer progressivement les autres dans des camps de concentration, avec les opposants politiques et religieux et les « asociaux » de tous ordres. Pour Ian Kershaw, « étant donné sa nature, sa composition et ses forces dominantes, le mouvement nazi ne pouvait avoir quune conception du changement social négative (liquidation des organisations de la classe ouvrière, discrimination accrue contre les minorités) »6. Dans la pratique, Mussolini enferme et persécute ses opposants, mais ne s'est jamais livré à une politique d'extermination sur des bases culturelles et religieuses, alors que l'idéologie nazie organisait un système de déportations des « indésirables ». D'abord et principalement les Juifs, qui tous devaient être éliminés, adultes comme enfants. Hitler avait décrété que tous devaient disparaître en vertu d'une purification de l'Europe planifiée « scientifiquement », c'est-à-dire avec des arguments pseudo-scientifiques, les théories raciales, et en mobilisant tous les moyens techniques. Leur élimination était visée, non leur réduction en tant qu'ennemis. D'autres groupes sociaux subirent les déportations et les persécutions : communistes et autres marxistes, Tziganes, handicapés physiques ou mentaux, « asociaux », homosexuels, catholiques, protestants, Témoins de Jéhovah Les camps d'extermination tels Auschwitz, Treblinka, Maïdanek, furent construits ou transformés à des fins d'extermination.

    La tendance « socialisante » de la doctrine nazie fut cause de dissensions graves entre les dirigeants du parti. À ses débuts, Joseph Goebbels qualifiait ainsi le nazisme de « bolchévisme national ». Cependant, Hitler, par pragmatisme et opportunisme politique, sera conduit à accepter les financements d'industriels inquiétés par la montée du communisme et à abandonner certaines revendications et à éliminer sans pitié les courants par trop « socialisants » (les frères Strasser, Röhm, etc.).

    Au sein du mouvement nazi, les échanges sont nombreux jusqu'en 1934 au moins, pour définir précisément ce qui doit être contenu dans la doctrine raciste et sur ce que doivent être les implications pratiques de la doctrine.

    En effet, à partir des années 1920, la fixation de la doctrine raciale nazie se fait en plusieurs étapes, rythmées par les querelles internes au sein du NSDAP.

    La lignée généalogique, les mesures anthropologiques de crânes et les évaluations de lapparence physique étaient tous des outils utiles à la détermination de la race. Pour Günther, même si lapparence physique était la chose observée, « le corps est lenveloppe de lâme » et « lâme est primaire. » Toutefois dans la doctrine raciale nazie les catégories de « sang allemand » et de « sang étranger à lespèce » ne furent jamais clairement définies, et entre le pôle aryen et le pôle juif se trouvait toute une nébuleuse de races quil était parfois malaisé de situer sur une échelle. Concernant les races européennes, Günther les divisait en race nordique (nord de l'Europe), méditerranéenne (sud de l'Europe et Afrique du Nord[réf. nécessaire]), dinarique (en) (Balkans), alpine et est-baltique27.

    Aux yeux des différents théoriciens du nazisme, la lutte des races constitue le moteur de l'histoire.

    Ainsi, dans Mein Kampf, Hitler, en quête d'un principe pour expliquer l'histoire humaine28, affirme que la lutte des races se fait à échelle mondiale29. De plus, dans cette lutte, la recherche de mélanges raciaux, du métissage, constituerait l'arme la plus sournoise du Juif contre la race indogermanique nordique30. À partir de 1933, de nombreuses publications développant cette théorie sont éditées à l'intention d'un vaste public. Par exemple, l'essai Peuple, race et État dans l'Antiquité (1936) de Fritz Geyer propose une vision nazie de l'histoire humaine fondée sur le postulat que les civilisations antiques nordiques ont connu une phase de dissolution politique et culturelle (dont elles ne se sont pas relevées) en raison de la pratique des métissages à grande échelle31. Walter Gehl, dans ses manuels scolaires, dresse un tableau de ces époques de décadence raciale que sont la période hellénistique et la crise du IIIe siècle à Rome31. Autre théoricien du nazisme dont l'influence fut également importante, Alfred Rosenberg développa ses théories raciales dans Le Mythe du XXe siècle (1930), où il réduit lhistoire à une lutte des races (expression de Ludwig Gumplowicz avec son ouvrage éponyme de 1893) et met en valeur lhomme nordique menacé par le métissage, les Juifs et les valeurs judéo-chrétiennes. Il considérait par ailleurs les Berbères d'Afrique du Nord comme des descendants des peuples aryens atlanto-nordiques : « Les Berbères, dont une partie conservent encore la peau claire et souvent même les yeux bleus, ne remontent pas aux raids ultérieurs des Vandales, mais bien à la très ancienne vague atlanto-nordique. De nombreux chasseurs kabyles, par exemple, sont aujourd'hui encore irréfutablement d'origine nordique »32.

    Ainsi, selon Ian Kershaw, « loin de porter atteinte au capitalisme, [Hitler] en fit un auxiliaire de lÉtat »58. Ian Kershaw souligne que la Volksgemeinschaft basée sur la pureté raciale et le concept de lutte que Hitler présente comme une « fusion du nationalisme et du socialisme » ne repose sur aucun concept socialiste moderne, mais au contraire sur une forme primaire de darwinisme social et d'idées impérialistes héritées du XIXe siècleN 5. Comme Kershaw67, l'historien Hajo Holborn rappelle qu'Hitler lui-même n'a jamais été socialiste : il souligne en outre que les termes « nationalisme » et « socialisme » ont été utilisés dans les discours du dirigeant nazi comme des synonymes et de manière interchangeable, leur sens variant d'ailleurs en fonction du public auquel il s'adressaitN 6. Ernst Nolte indique lui aussi que le national-socialisme « n'a jamais été en priorité un socialisme, en d'autres termes un mouvement principalement motivé par les affrontements internes des classes ; il était au contraire un nationalisme social de type fasciste, dans sa manifestation la plus radicale de surcroît »69. Selon Claude David, pour les nazis « le seul point intangible, le seul dogme, fut le racisme. Ce racisme appuie et justifie la politique nationaliste, les projets impérialistes du mouvement »75. Pour Ian Kershaw, en dehors du nationalisme et du racisme, le nazisme n'a pas de réelle cohérence politique, du fait notamment de la diversité de sa clientèle électorale et militante6. Aussi, encore aujourd'hui, les écrits de Nietzsche sont sujets à la controverse, souvent par mécompréhension ou interprétation douteuse. La critique la plus commune se rapportant au nazisme est celle qui consiste à dire que Nietzsche incitait à l'antisémitisme, de par les critiques qu'il peut faire à l'égard du prêtre, « les juifs, ce peuple de prêtres ». Or il ne condamne ici nullement les juifs mais bien les méthodes du prêtre, peu importe ses origines (cf. Généalogie de la morale, IIIe traité et la fin d'Ainsi parlait Zarathoustra en référence au dernier Pape). Au banc des accusés, figure également son idée du surhomme.

    L'historienne Marlis Steinert souligne le caractère flou des conceptions d'Hitler en matière de socialisme, qui n'ont été exprimées, de manière désordonnée, qu'à travers des entretiens et des discours, et pas dans des écrits théoriques. Elle y distingue, à côté d'« absurdités » pures et simples, des idées proches de celles des « socialistes utopistes » du XIXe siècle, et des concepts qui se rapprochent des théories modernes du bien commun. Hitler ne semble cependant pas avoir connu les idées de Fourier, Proudhon ou Owen, et paraît s'être inspiré de « prétendus précédents germaniques ou chrétiens ». Pour Marlis Steinert, les idées d'Hitler sur le socialisme sont avant tout une illustration de son « éclectisme » d'autodidacte. De manière globale, elle voit dans les idées politiques et sociales d'Hitler une synthèse personnelle, composée d'« emprunts à des doctrines courantes » que le dirigeant nazi interprétait à sa façon, en les combinant de telle manière qu'il finissait par « construire un ensemble cohérent composé d'idées opposées », destiné à attirer des sympathisants de toutes sortes43. Il existe deux interprétations chez les historiens. Pour les uns, le nazisme est un système totalitaire spécifique, essentiellement raciste et antisémite, et fortement opposé au judéo-christianisme. Pour les autres, le nazisme n'est qu'une variété de fascisme. Les termes « fascisme » et « totalitarisme » reposent souvent sur des définitions floues ; ils restent mal définis et il n'y a pas de consensus d'historiens sur leur utilisation. D'aucuns les récusent totalement. À l'origine, le fascisme visait à l'édification d'un État fort, base d'un nouvel Empire, véritable but, alors que le nazisme voyait dans l'État le moyen de mettre en œuvre la politique raciale et de domination mondiale de la nation allemande. Le fasciste mourait pour l'Italie, le nazi pour la « race aryenne ». La Seconde Guerre mondiale n'est donc pas un conflit de nations, à l'instar de la première, mais un conflit de « visions du monde ».

    Après avoir conquis le pouvoir absolu, les nazis éliminèrent selon des procédés systématiques et par cercles concentriques entre cinq et six millions de Juifs (notamment, mais pas uniquement, à l'aide de chambres à gaz), ainsi qu'entre 500 000 et un million de Tziganes, dont 23 000 ont été recensés dans le seul camp d'Auschwitz. Ils stérilisèrent aussi 400 000 Allemands[réf. nécessaire] et incarcérèrent tous les opposants au pouvoir dans des camps de concentration. L'extermination des Juifs est appelée « Shoah », ce qui signifie « catastrophe » en hébreu. Celle des Tziganes est appelée Porajmos, littéralement « la dévoration ». Les Tziganes auraient ainsi perdu entre le quart et la moitié de leur population européenne, tandis que les deux tiers des Juifs d'Europe furent assassinés (dont 90 % des Juifs de Pologne, dAllemagne et des Pays Baltes).

    Les composantes idéologiques et les sources d'inspiration du nazisme sont extrêmement diverses. Ainsi, pèle-mêle sont repris dans l'idéologie nazie : le national-bolchévisme incarné par Ernst Niekisch et repris par Goebbels73 ; l'idée de la Grande Allemagne empruntée au national-libéralisme du « printemps des peuples » de 1848 et pangermanistes ultérieurs du XIXe siècle[réf. nécessaire] ; le nationalisme xénophobe des patriotes de 1813 comme Ernst Moritz Arndt et Friedrich Ludwig JahnN 7 ; l'aspiration à un « christianisme allemand » par Paul de Lagarde[réf. nécessaire] ; les tendances protectionnistes et autarciques en économie chères à Fichte et Friedrich List[réf. nécessaire] ; le néo-paganisme allemand par haine du catholicisme romain, illustré par exemple par les opéras de Richard Wagner, érigés après la mort du compositeur en véritable liturgie nationale[réf. nécessaire] ; et l'idée d'un socialisme allemand élaborée par Werner Sombart et Oswald Spengler74.

    Le culte de la force est propagé dans les universités par Heinrich von Treitschke. Nietzsche contribua à la diffusion de cette idéologie notamment dans son œuvre Au-delà du bien et du MalN 8. C'est à son insu, pendant ses dernières années de maladie, que sa sœur, Elisabeth Förster-Nietzsche mariée à Bernhard Förster, pour laquelle il exprimait également un grand mépris à la suite de son mariage avec un antisémite ayant tenté de fonder une nation aryenne au Paraguay, falsifia son œuvre et composa « La Volonté de Puissance ». Elle en fit ce qui devait devenir plus tard une arme de propagande pour le régime nazi. Elle eut recours à un véritable travail de faussaire, et de découpage, allant jusqu'à retirer les passages la concernant personnellement.

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