Yahoo Web Search

  1. Espagne franquiste — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Espagne_franquiste

    L’Espagne franquiste ou franquisme (en espagnol : franquismo) est le nom non officiel utilisé pour désigner le régime politique de l'Espagne fondé par le général Francisco Franco, de 1936/1939 (guerre civile) à 1977 (premières élections libres durant le processus de transition démocratique).

  2. Espagne — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Espagne

    L'Espagne, en forme longue le royaume d'Espagne (respectivement en castillan España Écouter et Reino de España), est un pays d'Europe du Sud — et, selon les définitions, d'Europe de l'Ouest — qui occupe la plus grande partie de la péninsule Ibérique. En 2019, il s'agissait du vingt-huitième pays le plus peuplé du monde, avec 47 ...

  3. Spain - Wikipedia

    en.wikipedia.org/wiki/Spain

    Spain (Spanish: España, ()), officially the Kingdom of Spain (Spanish: Reino de España), is a country in Southwestern Europe with some pockets of territory across the Strait of Gibraltar and the Atlantic Ocean.

    • +34
    • dd/mm/yyyy (CE)
  4. Francisco Franco — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco
    • Personnalités
    • Enfance
    • Études
    • Carrière militaire
    • Résumé
    • Conséquences
    • Descendance
    • Honneurs
    • Contexte historique
    • Causes
    • Historiographie
    • Idéologie
    • Mort
    • Politique
    • Hommages
    • Tourisme

    Francisco Franco1 [fɾanˈθisko ˈfɾaŋko]2, né le 4 décembre 1892 à Ferrol et mort le 20 novembre 1975 à Madrid, est un militaire et homme d'État espagnol. Durant la guerre d'Espagne, il s'impose comme chef du camp nationaliste qui remporte la victoire sur les républicains. De 1939 à 1975, il dirige un régime politique dictatorial l'État franquiste avec le titre de Caudillo (« chef » ou « guide »). Il n'est pas homme à se lancer dans des aventures incertaines, ni à les approuver, mais n'en continue pas moins à lui rendre régulièrement visite à la prison où il est interné : il n'est pas homme non plus à faillir à la loyauté qu'il croit devoir à sa caste.

    Francisco Franco, troisième d'une famille de cinq enfants, naît, le 4 décembre 1892, à El Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto, la ville est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l'État, où la famille Franco, qui appartient à la moyenne bourgeoisie, vit depuis sept générations. Son père, Don Nicolás Franco Salgado-Araújo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, buveur notoire, d'humeur caustique, passant ses soirées au casino et aux cafés, il n'est pas à l'aise dans le milieu très conservateur du Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.

    Il est d'abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur, avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la Marine, comme sa tradition familiale l'y incite et comme tous les enfants du Ferrol. La fermeture de l'École navale de la ville en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède, d'où il sort au 251e rang sur 3123. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé du Ferrol. Ses relations avec sa femme s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.

    Une fois sa formation achevée, Franco est affecté au Ferrol où il mène une vie de garnison, terne et monotone. En février 1912, il part pour le Maroc, dans le 8e régiment d'Afrique. Le 19 mars 1912, il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi pour sa loyauté. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. En mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable[réf. nécessaire]. Cette réputation prend fin en mars 1915 : il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo, dans les Asturies dans le nord du pays. Malgré tout, Franco ne participera pas à la Sanjurjada, tentative de coup d'État du général Sanjurjo en août 1932. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la République, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XVe brigade d'infanterie, en février 1932. Franco gardera à Azaña une rancune tenace de cette période de quarantaine.

    Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales[réf. nécessaire]. Au cours de l'été 1917, le général Burguete (es), gouverneur militaire de la province, décrète l'état de guerre en réponse à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.

    Peu après, Abd el-Krim s'attaque à des populations françaises. En réponse, la France s'allie à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Al Hoceïma. C'est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d'Europe il n'a alors que 34 ans. En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillée. Pour Franco, qui s'était totalement impliqué dans la création de l'Académie, c'est là un mauvais coup qu'il prend très mal. Le 14 juillet il exprime son mécontentement publiquement, en prenant congé de la dernière promotion de cadets : Franco essaiera dès le lendemain de s'excuser auprès de Manuel Azaña, chef du gouvernement, qui voudra bien se contenter de ces explications et éviter l'affrontement public. Il lui adressera seulement un avertissement discret par une lettre lui exprimant son « déplaisir ». Malgré la modération du propos, il est clair qu'il ne sous-estime pas la personnalité du général. Il note dans son journal qu'il est « le plus dangereux des généraux », mais il ne veut pas élargir le fossé qu'il vient de creuser entre les militaires et lui. Franco se voit attribuer l'armée d'Afrique, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort de Sanjurjo, chef historique de l'opposition monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène. Le pronunciamiento échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce moment que les milices ouvrières (principalement les anarchosyndicalistes de la CNT), qui ne croient pas en la capacité du gouvernement à faire face, entrent en scène. Le conflit se transforme alors en une guerre civile. Francisco Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens Savoia-Marchetti 81, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers 52 allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages[réf. nécessaire], la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes. Très vite, les excès surviennent. Le 1er août, Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée du Nord, en passant par l'Estrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14 août, il s'empare de Badajoz, où il fait fusiller entre 500 et 4 000 prisonniers de guerre15. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Francisco Largo Caballero. Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique pour porter secours aux défenseurs de l'Alcazar de Tolède. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain, ainsi que pour raffermir son pouvoir personnel au sein de la junte. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège. Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général en chef pour la durée de la guerre, mais son frère Nicolás, à l'insu des autres généraux, publie une version altérée du texte où les pouvoirs du Caudillo apparaissent comme permanents. Le 28, la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1er octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque-là absent. À la fin de la guerre civile, on dénombre plus de 150 000 soldats morts durant les combats (autant de civils). Plus de 440 000 républicains espagnols se sont réfugiés en France (comptabilisés au 9 mars 1939) puis encore des dizaines de milliers d'autres les rejoignent, contraints à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat alors sur l'Espagne (plus de 30 000 exécutions sommaires). Des estimations récentes donnent le chiffre de plus de 200 000 personnes fusillées ou mortes à la suite des mauvais traitements dans les prisons franquistes et dans les camps de concentration franquistes de Miranda de Ebro, Albatera, Castuera (es) et Los Almendros (es), entre autres, après 1939. Après l'Entrevue d'Hendaye, où il a rencontré Franco, Hitler exprime son exaspération à son encontre (Franco l'a d'ailleurs fait attendre en gare). De plus, Hitler ne voulait pas mécontenter le maréchal Pétain, dirigeant d'un pays aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. De nombreux Juifs passeront la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays.

    Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, María del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il accompagne le roi dans son voyage officiel en Afrique.

    Cette même année 1928, il devient officier de la Légion d'honneur française6. Deux ans plus tard il est élevé au grade de commandeur et le ministre de la guerre français, André Maginot, se déplace à Madrid pour lui remettre l'insigne en personne6.

    Le soulèvement de la garnison de Séville le 10 août 1932, dirigé par le général Sanjurjo, bute contre la grève générale déclenchée par la CNT et le Parti communiste de Séville. Cette tentative sera connue sous le nom de « Sanjurjada ». Sanjurjo est arrêté à Madrid et condamné à mort puis gracié, voyant sa peine commuée en détention à vie ; les autres conjurés comme le général Goded et le colonel Varela sont aussi emprisonnés. Le gouvernement républicain ne veut pas faire de martyrs. Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s'engagent dans la guerre civile. L'Union soviétique par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PCE (marxiste-léniniste), UGT (socialiste). En face, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste se rangent dans le camp de l'insurrection militaire en envoyant d'importants contingents d'hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000 habitants, 1 645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque. La guerre civile se termine le 1er avril 1939, après la bataille de l'Èbre (de juilletoctobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne (février 1939). Franco se retrouve seul maître de l'Espagne et il devient officiellement « chef de l'État ». Il impose alors une dictature empirique sur les principes du national-catholicisme. Les démocraties ne tardent guère d'ailleurs à reconnaître le nouveau régime et la France envoie le maréchal Pétain comme premier ambassadeur dès le défilé de la victoire à Madrid. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne reste officiellement « non-belligérante ». Dès 1940, les services secrets britanniques corrompent des fidèles du général Franco pour que l'Espagne n'entre pas en guerre22. L'Espagne soutient néanmoins l'Allemagne quand celle-ci engage la lutte contre l'Union soviétique. Fin juin 1941, Franco créée une division de volontaires qu'il envoie sur le front de l'Est (cette unité appelée División Azul, ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad et s'illustre lors de la bataille de Krasny Bor) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols « volontaires » pour aller travailler en Allemagne. Les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés. l'Espagne fournit le tungstène indispensable à l'industrie d'armement allemande. LAllemagne avait elle-même soutenu le camp nationaliste pendant la guerre civile.

    Au lendemain du premier tour des élections de février 1936, afin de garantir le bon déroulement du deuxième tour, Franco insiste auprès du chef de gouvernement et du président de la République pour qu'ils proclament l'état d'exception, ce que refusent les deux hommes qui s'en rapportent à Manuel Azaña à qui ils confient le pouvoir[réf. nécessaire]. Très vite, les désordres et la violence s'aggravent dans l'Espagne républicaine. Plusieurs officiers supérieurs s'impatientent et se concertent. Ils souhaitent pouvoir compter sur Franco mais celui-ci hésite. Le 23 juin 1936, Franco écrit au président du Conseil, ministre de la Guerre, Santiago Casares Quiroga. Sa lettre de mise en garde l'invitant à consulter d'urgence les officiers supérieurs, les seuls qui puissent empêcher la catastrophe, reste sans réponse. C'est l'assassinat du monarchiste Calvo Sotelo par les jeunesses socialistes qui le fait finalement basculer. Pour Franco, la question est tranchée. Le soulèvement se produit dans la nuit du 17 juillet.

    La question de la signification de l'attitude de Franco et de l'interprétation à donner à ce soulèvement est controversée et reste encore un sujet de vives discussions politiques en Espagne8. Selon l'historien franquiste Ricardo de la Cierva9 il s'agissait pour Franco de sauver l'Espagne du chaos10. Ces interprétations qui remontent à l'historiographie officielle du régime franquiste ont connu un renouveau dit « néofranquisme »11 à partir des années 1990, en particulier avec la publication du livre de Pío Moa12 : pour Pio Moa, Franco ne fit que s'opposer à des projets révolutionnaires qui auraient été menés par la gauche depuis 1934. Si Pio Moa a reçu le soutien de l'historien Stanley Payne, il fut très fortement critiqué par de nombreux historiens académiques8. Tenant une position opposée, des historiens comme Marta Bizcarrondo soulignent le contexte européen qui existait depuis 1933 et la faible confiance que les socialistes espagnols pouvaient avoir en la démocratie. Pour l'historien Bartolomé Bennassar, il faut considérer « juillet 1936 comme un processus interactif complexe auquel tous participèrent, gauches et droites »13. Si aujourd'hui une majorité de la communauté historienne fait le lien entre la situation depuis 1934 et le soulèvement de 1936, cela ne légitime pas pour autant à ses yeux le coup d'État de juillet. Par ailleurs les études se sont multipliées qui visent à établir un bilan précis, dégagé des soucis partisans et des enjeux de mémoires, car dès les années 1930, la situation avait été instrumentalisée par l'un ou l'autre camp : ainsi Jean-François Berdah, sans nier la situation de violence dans l'Espagne au début des années 1930, relève que « le fait est que la « fureur populaire » a largement été médiatisée  et exagérée  par la presse conservatrice, puis par les thuriféraires de lEspagne franquiste, en Espagne comme à létranger, tant lopposition à la jeune démocratie suscitait daversion »14. Si l'unanimité n'existe pas encore sur les bilans établis, il faut distinguer le débat scientifique de ses extensions politiques et de sa perception par le grand public, la marche à la guerre est encore un enjeu de mémoire fort dans l'Espagne contemporaine8.

    Jusqu'alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » : le Mouvement est principalement dirigé contre le Front populaire, coupable selon Franco et ses partisans de semer la violence et le désordre, et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse. En revanche, Franco n'est ni phalangiste, ni carliste, ni fasciste, ni libéral, ni démocrate-chrétien. Ce n'est pas un idéologue mais un militaire conservateur, déçu tout à la fois par Alphonse XIII et par la République18. Sa tactique repose sur son prestige personnel. Elle consiste à s'entourer de toutes les familles idéologiques de son camp et à arbitrer leurs conflits sans jamais souscrire personnellement à aucune tendance. Sa conception de la société et de l'État est dans la lignée de la pensée de Juan Donoso Cortés19. Il voulait un État et un gouvernement en accord avec les anciens principes de l'Église catholique. L'anticommunisme constitue l'autre grand pilier de sa politique. Franco considère insensée la guerre mondiale qui oppose les peuples de l'Europe au seul profit de l'Union soviétique. Il lui paraît qu'il y a deux guerres : une, légitime, celle de l'Europe contre le communisme (ce qui explique l'envoi de la Division bleue en réponse aux Brigades internationales), l'autre, illégitime, entre les Alliés et l'Axe. Selon l'historien américain Robert Paxton, Franco était « d'une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie »20. Selon Pierre Milza, si ce régime ne répond pas, du fait de son appui principal sur l'armée et l'Église, à la définition du fascisme tel qu'il s'est installé dans l'entre-deux guerres en Italie et en Allemagne, en termes de répression il a sans doute été beaucoup plus sanglant que le totalitarisme mussolinien.

    Le 3 juin, Emilio Mola meurt dans un accident, laissant Franco sans rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 volontaires par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation militaire accélérée. 30 000 hommes sont ainsi recrutés pendant la guerre. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.

    Conscient de son inexpérience en matière politique16, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres). Il reçut le soutien des Espagnols effrayés par l'anti-catholicisme et la violence à laquelle avait fait face la République comme l'assassinat de José Calvo Sotelo, les massacres de 7 000 prêtres et autres manifestations de sacrophobie17.

    À la suite d'une visite de Himmler, le 13 mai 1941, Franco émit une circulaire visant à ficher les 6 000 Juifs d'Espagne en précisant leurs convictions politiques, modes de vie et « niveau de dangerosité »24. La liste fut ensuite remise à l'ambassade d'Allemagne. Cependant, selon l'historien Shlomo Ben Ami, ex-ministre des Affaires étrangères d'Israël, l'Espagne franquiste sauva entre 25 000 et 60 000 Juifs d'Europe en facilitant l'obtention de passeports et de visas aux Juifs persécutés. Le 22 novembre 1975, un service funèbre fut célébré à la mémoire de Franco dans la principale synagogue hispano-portugaise de New York, en présence de représentants de l'American Sephardi Federation (en), parce qu'il « avait eu pitié des juifs »25.

    À partir de 1962, Franco amorce une politique touristique ambitieuse. En 1963, le gouvernement crée le Plan national de tourisme, avec la création d'un ministère dédié et le déploiement d'un réseau hôtelier. C'est l'époque où le flot de touristes venus de France28, d'Allemagne, de Suisse, des États-Unis et du Royaume-Uni, commence à se déverser sur les rivages espagnols, à y acquérir ou faire construire des résidences secondaires tandis que les réfugiés cubains achètent des commerces, profitant des prix peu élevés et de la sécurité. La mentalité de ces dizaines de millions d'Européens du Nord, venus en vacances, influe fortement sur les jeunes Espagnols auxquels ils se mêlent ; les mœurs évoluent. Les derniers pistoleros disparaissent des montagnes reculées jusqu'alors insoumises[réf. nécessaire].

    • Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo, Franco y Bahamonde
    • Luis Carrero Blanco
  5. Terreur blanche (Espagne) — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Répression_franquiste

    Il existe en Espagne entre 600 et 800 charniers de républicains et d'opposants à la dictature franquiste. Des charniers contenant des milliers de cadavres de républicains assassinés sont encore découverts au début du XXI e siècle [ 3 ] .

  6. People also ask

    Quelle est l'histoire du franquisme ?

    Quelle est la fin du régime franquiste ?

    Est-ce que l' Espagne est un royaume d'Espagne ?

    Quelle est la superficie du territoire espagnol ?

  7. Camps de concentration franquistes — Wikipédia

    fr.m.wikipedia.org/wiki/Camps_de_concentration...

    Des camps de concentration franquistes ont existé en Espagne de 1936 [1] à 1947 [2], d'abord dans le contexte de la guerre d'Espagne, puis comme instrument de répression de la dictature franquiste.

  8. Guerre d'Espagne — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Espagne

    Certains réfugiés sont retournés dans l'Espagne franquiste, en particulier quand le régime s'est adouci, d'autres ont attendu la transition démocratique. En réalité, pour de nombreux républicains espagnols, l'installation à l'étranger est devenue définitive, mais ces familles entretiennent le souvenir de la guerre civile.

  9. Guérilla anti-franquiste — Wikipédia

    fr.wikipedia.org/wiki/Guérilla_anti-franquiste

    Histoire. La guérilla anti-franquiste naît en Espagne avant 1939 et la fin de la guerre d'Espagne.Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale dans la foulée a surpris nombre de républicains espagnols exilés en France.

  10. Portrait du général Franco et blason de l'Espagne franquiste Le franquisme est un mouvement politique qui a gouverné l'Espagne de 1939 à 1975. Il a été fondé par le général Francisco Franco à la suite de la guerre civile espagnole qui a ravagé le pays de 1936 à 1939.

  11. People also search for